LÉGER COMME L’AIR…

Léger comme l’air, flottant comme une poussière dans un rayon de lumière. Un « rien » transparent, c’est posé dans un coin, sur une pierre. Petit « rien » solitaire, égaré, abandonné, qu’on sème, l’air de « rien », comme les cailloux du petit Poucet. Usé de vouloir exister, marchant sans relâche sur les pavés d’une existence cabossée, jauni par le temps, rougi par les larmes, noirci des fumées, blessé d’accidents.
Comme un bas-relief, tu as gravé ton empreinte sur les murs de nos « châteaux

en Espagne », sur les linteaux de nos rêves, de nos illusions, tu dessines des gargouilles, des dragons, et de « belles aux bois dormant ».
Trimbalant ta mélancolie sur le bitume d’un blues syncopé, notes noires ou blanches, sur le clavier du temps, jouant au clair de lune, quelques harmonies que personne n’entend. Petit « rien » du tout, troubadour du néant, Arlequin rapiécé de tissus délavés pour dissimuler les blessures passées.
Tu te caches et disparaît au fil du temps.